KRNO
Comprendre son DPE

Votre logement est-il une passoire reclassée ?

Ruben ARNOLD3 min de lecture

La baisse du coefficient d'énergie primaire ne fait pas sortir les passoires du statut F ou G au hasard. Elle touche un profil de logement très précis, et surtout certaines zones. Si votre bien correspond à ce portrait et que sa classe a progressé sans que vous ayez fait de travaux, il fait peut-être partie du million et demi de passoires reclassées. Voici comment le savoir.

Le portrait robot de la passoire reclassée

En recalculant l'étiquette de 13,4 millions de DPE, KRNO a dessiné le profil type du logement qui quitte le statut de passoire sous le seul effet du coefficient. Il est très marqué :

  • 65,5 % sont des appartements (contre 34,4 % de maisons) ;
  • 48 m² de surface médiane (contre 71 m² pour les logements dont la classe ne bouge pas) : ce sont surtout des studios et des deux-pièces ;
  • 88 % sont chauffés à l'électricité (contre 17 % pour les logements stables) ;
  • 60 % ont été construits avant 1948, dans le bâti ancien des centres-villes.

Le cas d'école est un deux-pièces ancien sous les toits, chauffé à l'électrique, mal isolé. Avant la réforme, il était interdit à la location. Après, il repasse sous le radar. Pour comprendre pourquoi le chauffage électrique est si sensible au coefficient, voir le CEP, le coefficient qui décide de votre DPE.

Surtout dans les zones tendues

Géographiquement, le reclassement n'est pas uniforme. Il se concentre là où les petits logements électriques anciens sont les plus nombreux, c'est-à-dire dans les grandes agglomérations et les zones locatives tendues. La carte ci-dessous montre la part de passoires reclassées par département sous l'effet du passage du coefficient de 2,3 à 1,7.

Carte de France des passoires thermiques reclassées par département sous l’effet de la baisse du CEP

Comment savoir si votre logement est concerné

Quatre indices, à croiser :

  1. Le mode de chauffage. Si vous êtes à l'électricité, votre DPE est très sensible au coefficient. Un logement au gaz ou au fioul n'est quasiment pas concerné.
  2. La taille et l'âge. Un petit logement (studio ou deux-pièces) construit avant 1948 coche les cases du profil type.
  3. Un changement de classe sans travaux. Si votre étiquette est passée de F à E, ou de G à F, entre deux diagnostics alors que vous n'avez rien rénové, c'est le signe d'un effet de coefficient.
  4. La date du diagnostic. Un DPE réalisé après le 1ᵉʳ janvier 2026 intègre déjà le coefficient abaissé à 1,9.

Que faire concrètement ?

Être reclassé ne veut pas dire que votre logement consomme moins : il reste aussi mal isolé qu'avant, avec les mêmes factures. Deux réflexes utiles :

  1. Ne vous fiez pas à la seule étiquette. Un logement sorti du statut de passoire peut rester très énergivore. Les travaux gardent leur intérêt, et le calendrier d'interdiction de location peut encore évoluer (voir passoire thermique : interdiction de louer et calendrier).
  2. Faites analyser votre DPE. KRNO analyse votre diagnostic et vous dit si votre classe repose sur une vraie performance ou sur un effet de coefficient, et ce qui la ferait vraiment progresser. Le Rapport KRNO est gratuit.

Questions fréquentes

Comment savoir si mon logement a été reclassé sans travaux ? Comparez la classe de vos DPE successifs. Une étiquette qui monte d'une classe sans rénovation, sur un petit logement électrique ancien, indique un effet de coefficient.

Un logement au gaz peut-il être une passoire reclassée ? Très peu. Le reclassement par le coefficient ne concerne quasiment que les logements chauffés à l'électricité.

Mon logement n'est plus une passoire, est-ce une bonne nouvelle ? Sur le plan réglementaire, la pression baisse. Sur le plan de la facture et du confort, rien ne change : mieux vaut vérifier ce que vaut réellement votre étiquette.

Sources

  • Étude KRNO sur le coefficient d'énergie primaire (panel de 13,4 M de DPE, portrait robot et cartographie)
  • ONRE (Observatoire national de la rénovation énergétique), parc de passoires
  • INSEE, caractéristiques du parc de résidences principales